Artemis : le cargo prisonnier des Sables...
Le cargo s'est échoué lundi aux Sables d'Olonne. Il y est toujours. Retour sur un feuilleton qui passionne.
LUNDI 10 MARS
7 h 45. L'Artemis, un vraquier néérlandais de 88 mètres de long, s'apprête à faire son entrée dans le port des Sables
d'Olonne. En provenance du Portugal, il vient charger du blé pour aller le livrer à Rouen. La tempête sévit, les conditions météo sont exécrables : quatre mètres de houle et un vent de 35
noeuds (65 km/h). Le pilote du port assiste le cargo pour négocier l'entrée du chenal, mais cela n'empêche pas l'accident. Soudain, la mer soulève comme une plume le bâtiment de 3 600 tonnes et
le dépose sur la plage, environ 500 m plus loin, parallèlement au remblai. Les six hommes d'équipage sont sains et saufs.
11 h. Les médias commencent à relater l'événement du jour. Le préfet installe un PC de crise. Le bouche à oreille fait son effet : les curieux affluent en nombre au pied du mastodonte.
18 h. Marée haute. C'est le moment d'intervenir pour tenter de remettre l'Artemis à flot. La foule venue assister à l'événement est contenue derrière un périmètre de sécurité. Un
remorqueur de La Rochelle, l'Abeille Languedoc, un canot de la SNSM (Société nationale de sauvetage en mer) et un hélicoptère de la Marine conjuguent leurs efforts pour accrocher au navire le
câble de traction en acier. Mais les éléments se déchaînent à nouveau. Impossible de manoeuvrer dans ces conditions. Opération annulée.
MARDI 11 MARS
11 h. Entrée en scène des bulldozers. À l'arrière du bateau, ils creusent une large tranchée d'un mètre de profondeur (une souille) pour faciliter la manoeuvre. La société néérlandaise Amasus,
l'armateur du cargo, a confié les opérations à la société Les Abeilles international. La Ville des Sables d'Olonne, elle, fait constater les
dégâts par un huissier de justice.
18 h. Nouvelle tentative de remorquage, la foule est à nouveau au rendez-vous pour le spectacle. Cette fois, un câble plus léger en polypropylène a pu être tiré entre l'Artemis
et l'Abeille Languedoc. À environ 1 km de la plage, le remorqueur donne de la poussée quand... Patatras ! L'aussière lâche. Il est 18 h 30. Opération terminée.
MERCREDI 12 MARS
7 h. Changement de cap sur la plage. L'Abeille Languedoc réussit à faire pivoter l'Artemis. La poupe orientée vers la mer.
18 h. Nouvelle tentative de remise à flot à 19h. Le cargo est mieux positionné, la souille a été agrandie. Le capitaine de l'Artemis actionne les moteurs pour aider à la
manoeuvre. La pression monte jusqu'à 80 tonnes. Le cargo commence à bouger mais... Clac ! Une étincelle fend l'obscurité : rupture du point d'attache de la remorque au cargo. Nouvel échec. Il y
aura donc un prochain épisode à ce feuilleton qui passionne les foules.
Source : Ouest-France
PS : Les photos ici présentées sont ma propriété (prises cet après-midi même), merci de ne pas les utiliser sans mon accord !